"Dehors, c'est gris. C'est la mer grise. C'est le ciel gris. En face, les gens gris parlent de choses grises.
D'acheter des jeans de marque ou de se faire une manucure. Dans ma tête il fait fatigue accumulée. Il fait
sourire d'être dans ce wagon gratuitement et d'aller la voir elle. Ces derniers jours ont été rudes. Le réveil
qui sonne beaucoup trop tôt, la tête qui travaille tout autant.
Dehors c'est joli. C'est vert et c'est mouillé. Les yeux humides se font rares, je crains d'être immunisée contre
la pluie du coeur. Pas faute d'essayer, pas faute de penser à lui quatre cent soixante treize fois par jour.
Dans la boite noire il n'y a que toi. Enregistrement permanent de toi. [...] Tu es à l'ouest.
Dehors, c'est bruyant et agités. Ces gens se pressent, s'entassent pour en voir d'autres. Des gens. Il y
a longtemps que je t'aime. C'était là où cet Irlandais a cassé toutes ses dents . Il y a donc beaucoup trop longtemps que je t'aime
monsieur lisse. [...]
Dehors, c'est fini. Je cherche une date dans mon agenda. Ce banquet entre amis où chaque personne en
prendrait pour son grade. Où je dirais à lui qu'il a intérêt de prendre soin d'elle. Où je donnerai tout à celle qui m'attendra
ce soir sur le quai. Où je te dirai que c'est fini, dedans. Que je n'ai plus peur de dire qu'il y a longtemps que je t'aime.
Que ta nuque est parfaite, que j'aurai pu t'apporter le petit déjeuner au lit tout les matins. [...]
Dehors, c'est toujours gris. Et je t'aimerai toujours, même quand ça sera bleu."