
Une semaine qui (il me semble) a duré des années. Lumières, les années.
Vendredi 27 Octobre 2006. Veille du tant attendu concert de Panic ! at the Disco. Impossible de dormir, même en sachant que la prochaine fois que ma tête touchera un quelconque oreiller est prévue pour le dimanche suivant. Un nuit (courte donc) qui paraît interminable, un peu comme les veilles de départ en vacances quand on est tout petit et qu’on sait qu’on va se lever très tôt, mais qu’on pourra se rendormir dans la voiture avant d’arriver en pays inconnu et de passer de jolis moments dans de jolis endroits. Sauf que là, c’est pas vraiment des vacances, et c’est pas vraiment joli. Arrivée à Lyon le Samedi 28 Octobre vers midi. First impression of Mars : c’est laid, gris, froid et bizarre. Une galère monstre pour trouver quelque chose à manger dans des prix corrects, des saucisses frites partagées avec elle et puis direction le Nagazaki Kao Bang pour une après midi d’attente. Et puis la surprise en arrivant là-bas de voir déjà quelques personnes (EmoGroupies) qui attendent déjà… Tant pis, on est là pour eux et on savait déjà à quoi s’attendre niveau public bien avant d’y être. Quelques heures nous séparent donc de ce concert que j’attendais depuis des mois, et les minutes s’égrainent à une infinie lenteur. Quelques tentatives pour combler ce temps bien trop grand, on se (re)maquille, on improvise une session « Free Hugs » qui n’aura strictement aucun succès, même auprès des membres du groupe… En gros, on fait tout pour ne pas avoir à parler avec les filles qui attendent déjà devant la salle. Et puis, il y’aura le passage rapide d’un Ryan pas rasé, très maigre mais très agréable à regarder malgré tout, et d’un Spencer qui ressemble vraiment à Keane. Quelques minutes avant d’entrer dans la (mini) salle, rencontre de 3 filles (deux qui portent des diadèmes et une qui euh… ne porte pas de diadème) qui nous proposent de dormir chez elles après le concert vu que notre train pour rentrer sur Montpellier n’est pas prévu avant le lendemain midi. On accepte gentiment puisque de toute façon on n’a prévu aucun plan B (et même pas de plan A, en fait). Début du concert super tôt. Même pas 19h30, je crois. Avec deux premières parties. Fickle, un groupe français qui vaut le coup en live, mais j’avoue ne pas trop avoir accroché aux versions studios disponibles sur leur myspace. Pourtant, ils nous mettent dans l’ambiance assez facilement. Et ils avaient l’air super sympa ce qui ne leur enlève rien. Deuxième première partie : The Sounds (qu’on avait vu passer à plusieurs reprises dans l’après midi devant la salle. Des chansons super rock, une chanteuse qui sort un peu de l’ordinaire. Proche de la quarantaine, super bien conservée et qui se déhanche dans des positions plutôt explicites. Des riffs entraînants et une setlist pas trop trop longue pour une fois. Et puis l’attente d’après première partie. Quand on sait que les ingénieurs du son prennent leur temps pour être sûr que le concert ne dure pas qu’une heure. Et le Roadie qui distribue des bouteilles (même après s’être à moitié fait cracher dessus et s’être fait hurler dessus par une hystérique… bref.) Et puis ils entrent enfin en scène. Je n’ai pas vu beaucoup de groupes sur scène, mais ça a souvent été des groupes que je rêvais de voir depuis des mois voire des années. Muse, Placebo, Indochine… Tous ont été spectaculaires du fait que ce sont des groupes cultes pour moi. Pourtant, quand Panic ! est entré en scène, j’ai été subjuguée. Mais vraiment. Du genre la bouche ouverte, mâchoire pendante devant Ryan Ross pendant quelques dizaines de secondes. Du genre je ne pouvais même plus bouger, ou chanter ou faire autre chose que le (les) regarder. J’ai eu la chanson pour laquelle j’aurai payé même si je ne connaissais aucune autre chanson d’eux (ce qui n’était pas le cas) : Lying is the most fun a girl can have without taking her clothes off. Trois minutes trente d’intense bonheur. Une setlist peu surprenante : tout l’album sans aucune exception (12 chansons, donc), et puis deux covers : Karma police de Radiohead, et Tonight tonight des Smash. Un concert qui n’a pas l’air extraordinaire raconté comme ça, mais qui l’était. Vraiment. Sortie de la salle, donc. Les jambes, bras, et tout ce qui est possiblement et humainement endolorable (?) l’était. Aucune envie de m’offrir un tee-shirt, beaucoup trop d’Emo le font déjà. J’achèterai le miens ailleurs ou me le ferai faire. Repos bien mérité sur les marches du Nagazaki Kao Bang, avant la séance d’autographes qui s’est plus ou moins bien déroulée. Quelques mots balancés à Brendon pendant qu’il signe. « The show was awesome ». Un merci et puis s’en va. Et puis une des filles qui parle à Ryan, et lui qui lui répond « I can’t understand your accent, I’m sorry ». Mouahahaha. Ca nous aura au moins permis d’entendre sa voix autrement que derrière celle de Brendon sur des Agaaaaaaaaaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnn interminables. Et puis DiadèmeGirl, la blonde, qui fait signer Jon et Ryan sur son sac E[L]mo alors qu’elle aime même pas Panic! , pfff. Bref. Fin du des dédicaces, ils retournent dans leur maudit tourbus de merde et nous on va boire un verre (qu’on ne boira finalement pas parce que pas soif, en fait). Discussion avec une des Diadème girl, une EmoFan et une fille à peu près normale qui ELLE a prévu une nuit d’hôtel… Et puis s’ensuit une looooongue série de « haaaan ils sont sortis… han putain c’est Ryan ? Mais ils sont pd de toute façon… Hiiii Morissey ! » (variante : plein de noms que Stef et moi ne connaissons pas, et à vrai dire on n’a pas du tout eu envie de les connaître à ce moment précis de la soirée.) Et puis, DiadèmeGirl qui veut rentrer chez elle, parce que froid et fatigue. Alors on passe devant le TourBus, et là c’est le drame. Stef qui EVIDEMMENT regarde à travers les 2cm² non teintés du Tourbus, et qui aperçoit Ryan. S’ensuivent quelques mètres de marche avec DiadèmeGirl et Emofan qui tracent devant, et puis nous deux derrière, et nos lamentations. Et le sentiment qu’on fait l’erreur de notre vie en s’éloignant de ce putain de Tourbus, parce qu’évidemment si on part ils vont sortir, et si on reste ils sortiront peut être pas mais au moins on n’aura pas à nous haïr pour être parties. C’est donc là que mon légendaire talent de menteuse me servira le plus : je prétexte que la personne qu’on a cherché pendant le concert (personne qu’on a connu sur un forum français moche de Panic !) (et en disant « cherché » j’entends « essayé de trouver en faisant passer une feuille avec écrit le pseudo du mec suivi d’un « suis les cheveux roses » (les miens, donc) »). Donc je prétexte que ce même mec nous a finalement téléphoné, et qu’il nous attend au bar du Nagazaki Kao Bang, donc qu’on va y retourner pour finir la soirée avec lui, vu qu’on l’a loupé au concert. Hin hin. Retour dans le froid qui commence à être… vraiment froid. Le tourbus est toujours là. Ô gloire, ô volupté ! Et puis Spencer qui sort téléphoner, et le Roadie (celui qui était à gauche de la scène, près de Ryan, et qui se foutait ouvertement de la gueule des groupies hystériques avec lui. Mouahaha. Ryaaaan je t’aimeuuuuhhh). Oui donc le Roadie qui nous passe devant et qui me demande si le bar du Nagazaki est séparé ou non de la salle de concert. Et puis les regrets qui viennent ensuite. J’aurai du lui parler putain, j’aurai trop du. Il était trop cool avec ses tatouages d’Orange mécanique et de Freddy ! Bref, nous deux sur la terrasse du bar, fixant un tourbus entièrement teinté, se ridiculisant bien, donc. Et puis le bus qui part, enfin. Et les coucous qu’on adresse à un peu personne et tout le monde, et les « maiiiis euuuuuh » qui viennent ensuite. Et puis, et puis… Le début de la fin. Le bar qui, vu qu’on changeait d’heure le même soir, ne ferme pas à 4h mais à 3h, la galère pour trouver de quoi bouffer (petitcasino24h/24 we love you). And then, la ballade dans Lyon, le quartier des putes, les jeunes bizarres, les gens bizarres tout court. Et puis, nos 60 secondes de sommeil multiplié par 3641. L’attente dans le froid devant la bouche du métro, et puis 5h00, enfin. Ouverture de ce dernier, chaleur dans la station, et puis quelques secondes de sommeil supplémentaire dans le métro. Réussir à changer ce foutu billet de train. 7h00 c’est toujours mieux que 12h00, hein. Bref, encore un petit peu de comatage, le retard du train et puis quelques petites heures de sommeil dans le train plus tard, arrivée à Montpellier. Joli temps, mais difficultés à se réveiller vraiment. Arrivée chez moi, impossible de dormir. Et plus je tarde, pire c’est puisque l’aprem même, obligation de préparer un exposé à l’arrache pour le lendemain matin 8h00. Difficile de redescendre sur terre. Difficile d’oublier ce week-end. Pourtant, il suffira de trouver « pire » pour nous faire oublier ça. Mardi 31 Octobre 2006. On avait décidé d’aller au Rockstore pour Halloween, puisque c’était la seule soirée gratuite et qui avait l’air cool. Cours tout l’aprem (je suis même allée en cours avec Stef…). 19h, direction chez elle pour se préparer, sachant qu’on n’avait aucun déguisement de prévu. Moi donc, qui décide de me déguiser d’abord en Ryan Ross, pour finir en Groupie de Ryan Ross (tellement mieux…) et puis Stef, qui s’improvise Dieu pour la soirée, et qui elle terminera en chat. Direction le resto Jap’ qu’elle attend depuis des semaines. Attente interminable et salle non fumeur, faut le vouloir ! Pas de vrai repas le midi (le coca, ça compte ?), et après avoir longuement envisagé d’aller chercher un Kebab, les soupes, salades, riz, makis et autres brochettes arrivent enfin. On expédie ça en 3 minutes, on paye et part à la recherche d’un dessert. Comme d’hab, pas de pot. On trouve un glacier qui fait des méga glaces au Nutella, mais qui ferme évidemment 3 minutes plus tard. Donc direction un bar quelconque sur la Comédie où on rencontre la jolie Margaux avec qui j’ai fait mon exposé la veille. Petite gaufre (au Nutella, pour se consoler) et son mini récit de ses concerts/festivals de l’été, puis nous partons pour le Rockstore. On croise des gens qui font des bolas enflammées, et plein de déguisement marrants. Mais les nôtres sont mieux. Ah ah. Arrivées au Rockstore vers 23h30, peu de monde encore mais la diffusion sur écran géant de l’Exorciste hihihi. Même pas peur de la madame toute verte qui vomit et qui dit des trucs de sex sur Jesus ! On tente la Vodka tagada qui est bien trop sucrée pour moi, et puis les chansons s’enchaînent. Beaucoup beaucoup (trop ?) de monde au Rockstore, mais trop agréable de détailler tous les déguisements (et de regarder le sosie de Jon Walker qui danse (seul d’abord, avec sa conquête de la soirée ensuite) parmi la foule. Peu de lourdeaux et c’est pas plus mal, les planches de la scène qui ondulent d’une vingtaine de centimètres à chaque mouvement de la foule, ce qui nous évite d’avoir à danser nous même, le poids des autres le fait pour nous. Pas grand chose à dire sur le Rockstore, en fait. Soirée plutôt fun et agréable. Fermeture vers 4h40, direction l’arrêt de tram, sachant que le service ne démarre que deux heures plus tard. Et puis, un mec avec beaucoup beaucoup de cheveux vient vers moi et me dit « ah tiens, t’étais au Rockstore tout à l’heure, toi ! ». On discute 2, 3 minutes et puis lui et son pote mentionnent le fait qu’ils vont à Barcelone pour finir la soirée (nuit, matinée et journée) puisqu’ils n’ont pas pu rentrer au Rockstore. Dans ma tête ça ne fait qu’un tour, et puis je ne sais même plus comment, on arrive à s’incruster dans leur voiture, et nous voilà parties vers Barcelone le Mercredi 1e Novembr à 5h du matin avec deux mecs inconnus qui ont fumé et bu on-ne-saura-jamais-quoi, et pas dormi de la nuit non plus.
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